Journée contre le spécisme - 6 juin 2009
Compte-Rendu de la journée contre le
spécisme du 6 juin 2009 à Epinal (région Lorraine) de 15h à 18h avec
VegLorraine et L214.
Le temps de garer la voiture sur un gros zebra jaune « livraison »,
d’enfiler la veste L214 et un journaliste de Vosges Matin pointait
déjà le bout de son nez. On les reconnaît facilement, ils marchent
avec un carnet et un crayon de bois dans la main. Il paraissait
sincèrement intéressé et posa des questions sur le spécisme, la
nutrition...Je concluais notre entretien en lui offrant le livre de
Jean-Luc et même carrément Jean-Luc pour répondre aux questions.
Beaucoup de pluie : pas de tonnelle, pas de stand !
Oui mais heureusement, sièges rabattus, elle est rentrée, même dans
une 206. Montage facile grâce aux conseils de Brigitte et à 2
rescapées de la Veggie Pride, Chloé et Nathalie, qui avaient déjà
titillé la bête à Lyon. Les tracts n’étaient même pas encore posés
sur la table que les nuages décidèrent de tester son étanchéité mais
elle a résisté. D’ailleurs nous devrions en proposer sur la boutique
L214 puisque 2 personnes ont voulu savoir où elles pouvaient s’en
procurer. Je leur ai donc filé l’adresse de L214 Paris
Le papier sous la pluie ca résiste mal (et pourtant qui a jamais vu
un arbre fondre ?) mais vu le nombre de passants pendant les
averses, eux devaient fondre.
Entre 2 gros nuages on se rattrapait et les 300 tracts furent
distribués en moins de 2 heures et particulièrement grâce à Sarah
qui dégaine les tracts à une cadence infernale.
Pendant ce temps, Caroline, fort courageusement, s’est allongée dans
la barquette puis fut tartinée de sang (limonade + gouache rouge).
Elle y est restée une bonne heure. La pluie diluait le sang qui
s’écoulait du cadavre humain.et descendait le long de la rigole
d’évacuation des eaux au milieu de la principale rue piétonne de la
ville. Effet garantie !
Que de visages horrifiés ! De passants choqués ! Un couple a cru que
nous promouvions la viande humaine, d’autres ont vigoureusement
protestés contre cette ignominie : mettre un humain dans une
barquette ca ne se fait pas !
La police en civile est venue nous rendre visite deux fois en 45
minutes. Autorisation contrôlée, identité relevée (la mienne),
questions sur nos revendications pour la première patrouille, en
toute courtoisie. Le photographe de Vosges Matin était présent à ce
moment-là et lui aussi s’est fait interrogé sur son identité. La
deuxième patrouille nous a expliqué que des gens s’étaient plaint
parce qu’ils avaient peur pour les enfants mais aussi que des
commerçants choqués les avaient appelés. Confidences : ils ont dit
qu’ils s’étaient déplacés (Mr Le Commissaire de la sécurité publique
en personne) pour prendre l’air et parce qu’ils n’avaient rien
d’autres à faire. Même pas voulu voir l’autorisation de la mairie,
ont pris une brochure L214 et demandé nos revendications. Je leur ai
dit en terminant par « la promotion du végétarisme », la réponse fut
: « Ah oui, quand même. »
Caroline est finalement sortie, ensanglantée, et ca a provoqué un
attroupement qu’elle aurait bien voulu éviter. Pas évident d’être en
sous-vêtements un samedi après-midi en centre ville !

La barquette n'est pas encore installée

Un peu plus tard, nous avons ajouté du sang sur la chaussée pour
attirer le regard des passants et ca a marché!

Article paru dans Vosges Matin du 7 juin 2009

Une journée en
barquette pour dénoncer les maltraitances animales. (Photo M.O.)
Se mettre nu en barquette pour défendre la cause des animaux
qu'ils soient à plumes ou à… poils, c'est ce qu'avaient prévu
les militants de L214 hier à Epinal. Sauf que mauvais temps
aidant, il n'y a qu'une jeune volontaire qui a voulu jouer le
rôle de la viande sous cellophane pour interpeller les passants.
Cette association œuvre en fait pour plus de respect envers nos
voisins bœufs, vaches, poulets lapins, etc. dont la mise à mort
est souvent synonyme de cruauté : " Nous voulons en fait
dénoncer l'utilisation des animaux pour nos plaisirs, gustatifs
ou pas", explique Hervé Breuil de L214, du nom de cet article du
code rural qui impose à tout élevage animal des règles de
respect envers leurs animaux.
Hier, c'était donc la journée contre le "spécisme" qui est le
pendant au racisme mais envers les espèces animales. " Il faut
arrêter de dire que l'homme est une espèce supérieure. Il n'a
pas plus de droits que les autres animaux. C'est pour cela que
nous sommes contre la corrida, les zoos, la chasse, et la
consommation de la viande." Pour ce faire, ils ont emballé une
jeune femme dans une barquette et l'ont filmé pour dénoncer : "
On est obligé de choquer car on veut faire le parallèle entre
les viandes. La consommation est culturelle. On mange du bœuf,
du mouton mais on n'imagine pas un chien ou un chat en
barquette. Pourtant la souffrance est la même."
Mais il faut pourtant bien manger. Depuis la nuit des temps,
l'animal mange avant de se faire manger par un autre plus gros
ou plus malin. Pour les militants de L214, il est temps de
changer : ' Aujourd'hui, on n'a plus besoin de protéine animale
pour se maintenir en forme. Le régime végétarien convient très
bien à la bonne santé. A d'autres époques, ils en avaient
besoin, aujourd'hui, nous avons des substituts."
Aux côtés des membres de l'association, Jean-Luc Daub, auteur de
"Ces bêtes qu'on abat" chez L'Harmattan, est venu apporter son
témoignage physique et littéraire de ce qu'il a vu quand il
officiait comme enquêteur dans les abattoirs : " Le pire, c'est
le laxisme des pouvoirs publics qui n'ont qu'une obsession :
l'hygiène. Rien n'est fait pour le bien-être animal. C'est un
manque de considération et de volonté. Partout en France, j'ai
constaté le non-respect de la loi qui impose l'étourdissement de
l'animal avant sa mise à mort. On pourrait dresser des PV tous
les jours, ce n'est pas fait."
Y.L.
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